Le nouveau défi de Marylène,

Le nouveau défi de Marylène, - Zala Dubreuil

Ma sœur Marylène est tout excitée. Elle a trouvé un emploi dans une entreprise de porte et fenetre Deux-Montagne. Elle sera commis-comptable, emploi qu’elle a déjà occupé à Montréal avant de fonder sa famille. Et l’horaire de travail est parfait pour elle. Il faut comprendre son excitation. Les emplois sont rares dans sa région. Elle a trois enfants et elle n’a pas travaillé à l’extérieur depuis 12 ans, donc les employeurs sont plus ou moins intéressés à lire son curriculum vitae. Son plus jeune est entré à l’école cette année et elle a décidé qu’il était temps qu’elle retourne sur le marché du travail. Son nouvel employeur a déjà essayé deux personnes à ce poste, et s’est rendu compte qu’elles ne convenaient pas du tout. La première, une jeune fille, n’était jamais à l’heure et travaillait le moins possible. Elle était plutôt occupée à envoyer des SMS sur son cellulaire, à se disputer avec son copain au téléphone ou à mettre des photos en ligne sur les réseaux sociaux. La seconde était elle, tout le contraire. C’était une vieille dame d’expérience et très compétente, mais acariâtre et qui rembarrait tout le monde en agissant souvent même comme si la compagnie lui appartenait et qu’elle était la patronne de l’endroit. C’était infernal et ridicule, elle rendait les vendeurs fous paraît-il, ils avaient même peur d’elle. Mais maintenant, avec ma p’tite sœur Marylène, ils verront tout un contraste. Je la connais suffisamment pour savoir qu’ils tomberont tous en amour avec elle. Elle est compétente ayant continué à s’occuper de la comptabilité de la compagnie d’excavation de son mari, est donc à jour dans le domaine et connaît les nouveaux outils informatiques. Elle est souriante, ponctuelle, de confiance et du genre dévouée, voire maternelle. Donc, elle se fendra en quatre comme on dit, pour tout le monde. Bon, maintenant je dois y aller, je dois rejoindre ma sœur. Nous allons faire une razzia dans les magasins pour lui acheter une nouvelle garde-robe. Youpi ! Vous comprendrez que ce n’est pas par plaisir, on n’a juste pas le choix évidemment… C’est un nouvel emploi et ses tenues de maman ne conviennent pas !